…Miami city pour tenter d’éradiquer complètement les sans-abri de la ville.
L’Autorité pour le développement du centre-ville a récemment approuvé une mesure interdisant au quidam de donner de la nourriture aux SDF, permettant ainsi que la mesure soit envoyée devant une commission de la ville pour examen et possible ratification . On peut retrouver la brève ici (oui je sais Fox news mais bon on fait avec ce que l’on a). Apparemment l’initiative a été lancée car des riverains et commerçants (évidemment….) se plaignaient des détritus laissés après leur repas par les SDF…
D’après l’initiative, une personne non qualifiée ne pourra plus donner comme cela arrive parfois, ce qu’il reste de son repas ou ce qu’elle a en trop dans son arrière cuisine, à ceux qui ont besoin. Si elle le désire, elle devra suivre une formation pour :
- nettoyer les détritus laissés après repas (hum…)
- s’assurer que la nourriture est saine et constitue un repas équilibré (re hum).
Un commentateur exprimait son étonnement et son irritation sur un des journaux nationaux : “si j’étais sans-abri et affamé depuis des jours, croyez moi je me ficherais bien de la valeur nutritionnelle des repas”.
Très franchement, personne ne croit que les politiciens de Miami soient de bons samaritains se préoccupant de la population qui pèse le moins le jour du vote…Restreindre les élans charitables en leur imposant un carcan, c’est presque les réduire à zéro, d’autant plus quand on sait que si l’on est pris à donner sans autorisation, il s’ensuit une amende de 300$…dissuassif.
Alors virer les SDF de Miami sous le couvert du “on vous veut du bien”, c’est franchement la pire des hypocrisies. Si seulement c’était un comportement isolé…Cette affaire illustre bien la manière ignoble avec laquelle sont traités les sans abris aux Etats-Unis.
Où sont-ils ? Ce fut une des premières interrogations qui me tarauda en arrivant en Floride. Même à Laval, pourtant beaucoup plus petite, il y a des sans abris (des réguliers, toujours fidèles au poste) dans la rue.
Ici, nada. Rien de rien. Des rues vides, pas de petits cartons, ni de gobelets quémandants.
Puis après plusieurs mois, je les ai trouvés. Oui, là, aux feux rouges. Panneau God Bless à la main, regard vide et lassé. Ils marchent le long de la file de voitures ronronnantes, espérant qu’une petite pièce leur soit glissée par une vitre entrouverte. Alas, au pays du capitalisme avide, ils ne récoltent bien souvent qu’une indifférence impolie. Les Américains adorent donner aux charités et faire du volontariat mais les sans abris sont généralement écartés de leurs bonnes intentions…”il n’a pas de travail, il ne cherche pas à s’en sortir par lui-même, il le mérite donc”. Ici tout doit se gagner par la force de la volonté. Les faibles n’y ont pas leur place.
La semaine dernière, j’ai vu un homme avec un panneau “I just got fired” (je viens d’être viré) demandant de l’aide, d’autre poussant un cadis contenant ses maigres possessions le long de la route. Il y a bien des espèces de “soupe populaire” mais point d’abris ou de point de refuge.
Le rêve américain, qui y croit encore ? Pas eux, en tout cas…

C’est vraiment un très bon article, très bien écrit et assez coup-de-poing. Continue !